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L’écologie des consciences
shamanjoy
25/11/2014 20:46:00
25/11/2014 20:46:00

Mais au-delà d’une réaction, certes tardive, aux erreurs destructrices de la société de consommation, cette évolution des mentalités et des pratiques marque l’émergence d’une grande idée, qui dépasse largement la simple protection de la Nature, et modifiera profondément la société humaine dans les décennies à venir.
Cette idée est assez nouvelle en Occident mais très ancienne pour la Sagesse orientale. C’est la réalisation que la Vie est une. C’est l’approche de la Vie en termes d’unité et d’interdépendance. C’est la vision de la Vie planétaire abordée comme un seul organisme global, où chaque partie est à la fois déterminée et déterminante pour l’ensemble.
Il est aisé de voir le magnifique potentiel d’unification contenu dans cette nouvelle approche de la Vie... Pourtant, cette idée rencontre dans nos esprits occidentaux deux freins majeurs limitant fortement l’ampleur de son impact sur nos sociétés.
Elle se heurte tout d’abord à une vision matérialiste de la Vie. L’écologie d’aujourd’hui est une écologie matérialiste, où seuls les aspects formels et biologiques de l’humain sont pris en compte : l’homme est quelqu’un qui se nourrit, se vêtit, se loge, se déplace, consomme, etc. Il réalise cela au sein d’un environnement lui aussi bien concret : les mers, les forêts, les villes, l’air, etc. Que du concret, du tangible. Mais qu’en est-il de l’activité psychique des individus, de ces centaines de milliards de pensées et désirs générés chaque jour par chacun d’entre nous ? Qu’en est-il de cette «masse » d’intentions, de projections, de comparaisons, de frustrations sécrétées en continu par l’humain chaque minute, chaque seconde sur la Terre ? Alors que sur le plan concret, nous avons compris que prendre trop souvent notre voiture pouvait causer un tsunami destructeur à l’autre bout du globe, nous continuons de croire que nos pensées et nos désirs sont bien circonscrits à notre vie psychique individuelle et qu’ils ne peuvent avoir d’impact sur les autres. Après tout, ce qui ne se voit pas n’existe pas...
Et pourtant.
Qui peut nier les phénomènes d’épidémie émotionnelle que l’on trouve dans les foules ?
Qui peut nier les liens « télépathiques » qui existent entre une mère et son enfant ? N’a-t-on pas suffisamment d’exemples d’idées et de découvertes réalisées au même moment en différents points du globe ? Tout comme notre être physique est un simple élément d’un vaste système d’interdépendance physique qui forme un tout, notre être psychique, à la fois émotionnel et mental, est un simple élément d’un système d’interdépendance psychique formant lui-même un tout.
L’humanité n’est pas simplement la somme des individus qui la composent. L’humanité est. Elle est une unité. Elle est nous, et chacun d’entre nous est simultanément elle et une proposition unique et singulière – individualisée – de l’exprimer dans le monde. Il existe une vie psychique de l’humanité, composée et animée par chacun de nos psychismes. Et, sans doute, il existe une vie psychique planétaire (n’a-t-on pas démontré la sensibilité des plantes et l’existence d’une vie intelligente chez les animaux ?) dont la vie psychique humaine est une composante cocréatrice.
Dès que ces éléments seront une évidence suffisamment partagée dans nos sociétés apparaîtra une nouvelle écologie, immatérielle, psychique, une écologie des consciences. Alors comprendrons-nous sans doute qu’au-delà des pensées de haine et des désirs malsains, face visible de l’iceberg des pollutions psychiques, le véritable facteur de pollution est le séparatisme et l’individualisme total qui marquent nos consciences contemporaines. Cette pollution apparaît lorsque nous perdons tout à fait conscience de notre lien pourtant inaliénable avec les autres, avec l’humanité et avec la Terre.
Elle émerge lorsque toute notre énergie, nos pensées et notre aspiration sont uniquement centrées sur notre devenir personnel, de façon totalement déconnectée avec le devenir collectif de la vie planétaire.
Nous ne défendons pas ici l’idée que les individus doivent « disparaître » au bénéfice d’un tout , faisant autorité absolue. L’écologie des consciences vers laquelle nous nous dirigeons lentement est un état d’esprit où l’individuel et le global sont abordés ensemble, non plus dans une dynamique d’opposition naturelle et insoluble, mais au contraire en les prenant comme les deux faces indissociables d’une même réalité. Il s’agit ainsi d’inventer ensemble une politique de vie basée sur l’unité, l’interdépendance, mais aussi sur la reconnaissance de la différence comme un droit et même une nécessité pour la vie, humaine et planétaire.
D’autres (Rudhyar, Sri Aurobindo...) ont déjà imaginé, voire prophétisé ce temps où la conscience planétaire supplantera la conscience individuelle avec la même force et le même degré de précision. D’ici là, nous pouvons certainement participer à la dépollution progressive de l’atmosphère psychique de la planète en réalisant toujours
davantage notre appartenance à des ensembles multiples (du plus local au plus global) et en donnant plus de place à cette réalité dans nos choix, nos projets, nos créativités. Il est possible de créer une dynamique de vie où la recherche du bien commun, et non plus la réussite personnelle, donne l’essentiel de leur valeur à nos réalisations individuelles et collectives. Chacun d’entre nous peut commencer à l’établir dans sa vie dès à présent.
Mais ceci nous conduit au second frein dont nous avons parlé plus haut. Autant cette émergence de l’écologie des consciences se heurte à une vision matérialiste de la Vie, autant elle se confronte également à une vision essentiellement négative de l’être humain. En effet, que ce soit sur le plan physique ou psychique, l’humain est
considéré d’emblée comme un pollueur, comme un facteur de déséquilibre et de perturbation d’un équilibre naturel considéré lui comme parfait et idéal. Partant, le mieux que nous puissions faire est de réduire notre impact, de nous faire le moins gênant possible pour la vie planétaire. Dans cette perspective, le rêve absolu est le moment où notre empreinte écologique sera nulle, neutre, à l’image de ces maisons passives qui ne « coûtent rien » écologiquement parlant.
Ces objectifs sont très certainement indispensables vu l’ampleur terrifiante des dégâts causés par nos activités. Mais quel pauvre projet collectif que de rechercher à avoir un impact nul...!
Quelle pitoyable vision de nous-mêmes avouons-nous lorsque, nous réveillant après un siècle d’euphorie prométhéenne où la science et la consommation allaient enfin pourvoir aux aspirations de l’Homme, nous réalisons les terribles destructions que nous avons commises !
L’humain n’est pas un destructeur. L’humain est un être merveilleux, magnifique, doté de potentiels créateurs prodigieux. Il est doté de cette capacité unique de s’identifier à l’Universel et de le traduire en créativité dans tous les aspects singuliers de la Vie. Il est un Pont qui relie l’obscur et le lumineux, l’Eternel et l’éphémère, le Divin et le terrestre. L’humanité est, profondément et essentiellement, la palette infinie des Qualités imaginées et imaginables de la Vie. On rétorquera que cette affirmation ne souffre pas la moindre confrontation à l’humanité dans son comportement réel, historique et présent. On parlera des guerres, des viols, de la jalousie, de la bêtise et de toutes ces choses qui font dire à certains que l’humanité est la pire chose qui soit arrivée à la Terre. Nous répondrons que cela n’est que l’humanité qui se cherche et ne s’est pas encore trouvée. L’image perverse ou a minima mesquine que nous en donnent la plupart des penseurs et psychologues contemporains n’est que celle d’une humanité qui ne sait pas encore qui elle est, qui s’est coupée de sa grandeur, de sa profondeur, de son essence. Mais elle n’est pas l’humanité
vraie.
Ceux qui symbolisent le mieux l’humanité vraie, ce sont les génies, les scientifiques, les artistes, les penseurs qui ont su reconnecter la dimension universelle dont ils étaient porteurs et la traduire en un tableau, une danse, une idée apportant à la vie humaine et planétaire son renouveau de Beauté et de Vérité. Ces « génies » ne sont pas des exceptions. Ils sont simplement des humains qui ont eu l’intuition qu’il était possible d’aller au-delà du connu et qui se sont donné les moyens de cela. Ils sont chacun d’entre nous, si nous voulons bien nous donner la peine nous aussi d’aller au-delà de nos propres limites.
Bien sûr, il ne nous est pas demandé de révolutionner la Science ou d’inventer un mouvement artistique nouveau. Le génie ne se mesure pas au nombre de vies qu’il touche. Le génie est la capacité de percevoir les Qualités fondamentales en nous et au coeur de la Vie et de les exprimer, quel qu´en soit le moyen. Cela est notre don à tous, nous, humains. Nous l’avons tous déjà accompli, et peut-être le faisons-nous bien plus souvent que nous ne le pensons. Il ne s’agit pas de révolutionner la vie, ni de devenir un saint ou un prophète. Il s’agit de rayonner, le plus sincèrement et, sans doute, le plus impersonnellement possible, les plus hautes Qualités auxquelles nous soyons capables de nous identifier. Peu importe ce que nous en faisons concrètement ; l’important est de les diffuser, de parfumer l’atmosphère planétaire des Essences subtiles trouvées au plus profond de nos Etres.
Cette perspective renouvelle complètement notre vision du rapport de l’humain à la Nature. L’écologie actuelle appréhende l’humain simultanément comme un prédateur et un nuisible, et elle déploie toute son ingéniosité afin de limiter l’impact de l’humanité sur la planète. L’écologie des consciences rappelle la dimension fondamentalement saine et juste de l’humanité ; à ce titre son impact devrait-il être non pas neutre ou nul, mais total. Nous pouvons à présent mobiliser notre intelligence afin de trouver les meilleurs moyens de manifester notre potentiel de Beauté et de Lumière, en cocréativité avec toute la Vie planétaire.
Nous voyons que lorsque nous sortons la belle idée de l’écologie des ornières du matérialisme et du négativisme dans laquelle elle se trouve aujourd’hui coincée, pour lui donner les ailes d’une vision à la fois unitaire et positive de l’humain, nous aboutissons à une écologie des consciences, une écologie positive, pleine de perspectives profondes et inspirantes pour le devenir de l’humanité et de la Terre. Nous sommes tous en capacité d’exprimer le Bien, le Beau et le Vrai et, compte tenu de l’interdépendance de la Vie, tout ce qui est exprimé, donné, dépasse largement les circonstances locales et singulières dans lequel il est manifesté pour résonner avec l’ensemble des circonstances semblables existantes sur la Terre. Ainsi sommes-nous tous des acteurs potentiels de l’évolution humaine et planétaire, où que nous soyons et quoi que nous fassions. Il est temps pour nous de réaliser notre extraordinaire capacité individuelle et collective de réaliser le Bien, pour la Terre, pour la Vie.
par ♥ Johann Henry ♥
Un psychologue tout à fait exceptionnel...
http://www.psychologie-essentielle.com/ecologie-des-consciences.htm

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