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Rêver, créer, et ce 1*ù$^1*? de téléphone
beachboy
16/02/2026 03:04:00
16/02/2026 03:04:00

A cause des téléphones.
J’ai eu cette chance immense : celle d’être né à une époque où les téléphones n’avaient pas encore envahi nos poches, nos esprits, nos silences.
Une époque où la télévision, encore hésitante et monochrome, ne captait pas encore notre attention comme aujourd’hui.
Elle était fade, sans fioriture. Et c’était tant mieux.
Nous avions alors une denrée rare : le temps.
Le temps de s’évader. De rêver sans interruption. De s’abandonner à la contemplation pure.
Le temps de s’allonger dans l’herbe, les yeux vers le ciel, à chercher des formes dans les nuages.
De jouer avec les insectes, dans les prés. Oui, et il y en avait partout.
C’était normal, vivant, vibrant.
Je me souviens de ces trajets en voiture : impossible de parcourir cent kilomètres sans devoir s’arrêter pour essuyer les pare-brises, recouverts de traces d’insectes. Les champs autour de nous débordaient de fleurs sauvages.
C’était un autre monde. Puis vinrent les pesticides. Et le silence.
Ce temps béni semble désormais lointain.
Je regarde les générations actuelles avec une forme de tendresse inquiète.
Beaucoup ne savent plus se perdre dans l’imaginaire.
Le téléphone est devenu le réflexe absolu, le remplissage immédiat du moindre vide.
À peine une minute de silence... et déjà la main plonge dans la poche, le regard glisse vers l’écran.
On marche même sur les plus belles plages du monde en regardant son téléphone...
On scrolle.
On regarde ce que les autres créent.
Mais on ne crée plus rien soi-même.
Et même pire, le téléphone est devenu un prétexte salvateur.
Combien de femmes prennent leur téléphone en main juste au moment de passer devant une terrasse, histoire d’avoir une attitude, se donner une contenance, car sinon, « Oh mon Dieu, que vais-je avoir l’air, sans rien faire, juste détendue et décontractée. Mais au fait, je ne sais plus faire cela... ».
C’est triste, oui.
Et non, on ne pourra pas revenir en arrière.
Mais peut-être, juste peut-être, peut-on ralentir.
Et réapprendre à s’ennuyer.
À rêver.
À vivre.

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