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Témoignages d'âmes blessées

beachboy
10/03/2026 05:03:00
Combien de femmes, d’hommes, vivent figés dans des existences sans éclat, paralysés par des peurs anciennes ?
Cette mère, dépendante aux médicaments, fuyant ses ombres dans la chimie.
Cette cousine figée dans une vie répétitive, jusqu’à ce que le cancer vienne tout briser.
Cette épouse, aimée profondément, mais emportée trop tôt, avouant sur son lit d’hôpital : «?Avec toi, je me suis toujours sentie en sécurité.?»
Des histoires comme celles-là, il y en a partout, surtout dans ma propre vie.

Elles nous rappellent que la peur non nommée tue.
Que le silence peut être mortel.
Et que seule la vérité, même douloureuse, ouvre la voie vers la guérison.

Plus personnellement...
Toute ma vie, j’ai rassuré des femmes.
C’était peut-être mon rôle d’âme, ou simplement une répétition inconsciente d’un schéma trop ancien.

Il y a eu ma mère, en premier.
Une femme brisée, enfermée dans une spirale de douleurs invisibles.
Elle n’a jamais su comment nourrir ses besoins d’enfant, ni les miens d’ailleurs.
Elle avait peur de vivre, peur de sentir, peur de s’écouter.
Alors elle a tout remis entre les mains de la médecine.
Un cachet pour dormir.
Un autre pour digérer.
Un troisième pour oublier.
Un quatrième pour évacuer.
Et un dernier pour ne plus souffrir du tout.
Pauvre maman.
Toute sa vie, elle a cherché à fuir... alors qu’elle n’était poursuivie que par elle-même.
J’ai voulu la rassurer, tant de fois.
Mais elle ne pouvait pas entendre.
Les anxiolytiques criaient plus fort que mes mots.

Puis il y a eu ma cousine.
Elle aussi, fracassée par les hommes, rejetée par sa propre mère, enfermée dans une vie minuscule, figée à en devenir pierre.
Même boulot, même appart, mêmes douleurs.
Elle avait peur que la vie recommence à lui faire mal, alors elle l’a arrêtée avant qu’elle ne recommence.
Et à force de bloquer tout mouvement, tout changement, le corps a parlé à sa place.
Cancer, à 50 ans.
Comme une implosion lente, silencieuse.
Je l’ai prise dans mes bras souvent.
Mais rien ne passait.
Tout était verrouillé.

Et puis il y a eu ma femme.
Pleine d’amour, mais ravagée par ses blessures d’enfance, ses peurs de l’abandon, son besoin de contrôle.
Elle aussi, morte trop tôt.
Un cancer foudroyant.
Je l’ai accompagnée jusqu’au bout.
Chaque jour, chaque nuit, dans le silence des hôpitaux et la violence des traitements.
Je n’oublierai jamais ce moment.
Elle était amaigrie, chauve, presque transparente.
Elle m’a regardé et a murmuré :
« Avec toi, je me suis toujours sentie en sécurité. »
Huit mots.

Mais huit mots qui m’ont percuté en plein cœur.
Huit mots pour lesquels, peut-être, tout ce chemin avait un sens.

Les peurs.

Commentaires

1 commentaire
Enilenna
« La peur en effet oui, quels ravages elle sait faire dans nos vies... Nécessaire pourtant, et dans la panoplie d'états émotionnels qui nous sont donnés, au même titre que les autres, et dont il nous faut apprendre à nous servir, pour qu'ils nous servent au lieu du contraire. Le mode d'emploi n'est pas si simple, et parfois il est même propre à chacun, quel défi ! Merci pour ce témoignage ! »
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